Battaraea phalloides est une espèce très rare , connue seulement dans quelques stations en France dont deux dans le Loiret, la première à Guilly près de Sully -sur-Loire, la seconde à l'Arboretum national des Barres, à Nogent / Vernisson. Découverte dans l'Arboretum, pour la première fois le 15 octobre 1985, elle est, depuis cette date présente tous les ans, en nombre d'exemplaires pouvant atteindre ou dépasser la dizaine. Il faut préciser que, depuis 1985, son gîte est régulièrement surveillé. Elle est fidèle à son hôte qui est un genévrier dont l'identité précise ne sera pas révélée dans cet article. La poussée de cette espèce se fait dans un confortable " matelas " de matière organique brute que constituent les feuilles et les rameaux du genévrier. En effet, c'est dans une couche de 10 à 30 cm. d'épaisseur que se trouvent les " œufs " tout à fait semblables à ceux du Phallus impudicus. Quelques exemplaires ont été présentés " in situ " lors du Congrès de la S.M.F. en 1988 mais, hélas, tous ont disparu lors de ce dernier! Ce champignon, appartenant aux Gastéromycètes, au même titre que les genres Geastrum, Astraeus, Pisolithus, Tulostoma, Scleroderma, Lycoperdon, Phallus, …. semble être une espèce tardive voire hivernale. En effet, cette dernière a été observée, aux Barres, depuis le mois d'octobre jusqu'en janvier. Sa croissance se fait très rapidement . Le stipe , blanc pur à sa sortie de l'œuf, s'allonge très rapidement et brunit dans les heures qui suivent d'où la difficulté de voir le champignon lorsqu'il est tout jeune, blanc pur. A la naissance, il y a une forte ressemblance avec la variété blanche de l'amanite phalloïde. Une volve blanche, enterrée, d'abord gélatineuse puis sèche, enveloppe la base du stipe. Le chapeau est lui aussi totalement blanc puis, très rapidement, la pellicule de l'enveloppe générale se déchire, laissant place à une couleur rouille et à une surface fortement pulvérulente. A maturité, le champignon est de couleur fauve à rouille avec un stipe fibrilleux voire écailleux , ligneux et creux, l'ensemble ressemblant à s'y tromper à un morceau de bois planté dans la couche humifère.
Tous les ans, des basidiocarpes apparaissent en nombre variable, de un à une dizaine. En 1985, un seul exemplaire a été découvert, plusieurs en 1986, 2 ou 3 en 1988 et …. une dizaine en 2007. Par deux fois, Battaraea phalloides a été vue à l'état frais dont une fois en cours de croissance, en 2007. (1 exemplaire blanc le 21 décembre 1989 et 1 exemplaire en croissance, d'un blanc pur, le 20 octobre2007).

L'espèce semble être très tardive, voire hivernale. A aucun moment elle n'a été vue aux Barres à l'état frais, au printemps ou en été. En est-il ainsi dans les autres stations françaises où elle est présente?
Toujours est-il que le gîte des Barres est certainement l'un des plus riches de par la population importante d'individus observés depuis 1985.

N. B. : Dans certains ouvrages et articles, on lira Battarraea phalloides (avec 2 r pour Battaraea)

R. Durand

Association Mycologique et Botanique du Loiret

 

UN CHAMPIGNON TRES RARE ET TRES CURIEUX : BATTARAEA PHALLOIDES

 

 

L'Association